Mes dents se déchaussent : que se passe-t-il réellement sous mes gencives ?

Lorsque la gencive se rétracte ou que la racine d’une dent devient davantage visible, on parle couramment de « déchaussement ».
Examen bucco-dentaire au miroir

Les fondations du sourire se fragilisent

Le déchaussement dentaire est trompeur. Parce qu’au début, vous ne voyez pas forcément de changement. Bien au contraire.

Vos gencives peuvent être rouges, épaisses, gonflées. Elles peuvent saigner lorsque vous vous brossez les dents. Vous pouvez avoir mauvaise haleine ou un goût désagréable dans la bouche. Mais extérieurement, vos dents semblent toujours parfaitement entourées de gencive.

Et pourtant, sous cette gencive inflammatoire, l’os qui soutient les dents a commencé à disparaître.

C’est précisément ce qui rend la maladie parodontale si insidieuse.

On peut perdre de l’os sans le voir

Lorsque la maladie parodontale progresse, l’inflammation ne reste plus limitée au bord de la gencive. Une poche parodontale se crée entre la dent et les tissus qui l’entourent.

À l’intérieur de cette poche se trouvent du biofilm bactérien, du tartre sous-gingival et des tissus inflammatoires, l’os est en train de se résorber.

La gencive, elle, reste gonflée et masque le problème.

C’est pourquoi vous pouvez avoir une poche de plusieurs millimètres et une perte osseuse importante sans avoir l’impression que votre dent s’est déchaussée.

Ce que vous voyez dans le miroir ne raconte donc qu’une toute petite partie de l’histoire.

Le déchaussement commence sous la gencive

Imaginez un arbre. Vous voyez son tronc et ses branches. Mais ce qui lui permet de tenir debout se trouve sous la terre. Pour une dent, c’est la même chose. La couronne blanche que vous voyez lorsque vous souriez n’est que la partie visible. Sous la gencive se trouvent ses véritables fondations : l’os alvéolaire, le ligament parodontal et l’ensemble des tissus qui maintiennent la racine.

Tant que ces fondations restent saines et stables, nous pouvons réfléchir sereinement à l’esthétique, à la fonction et à la reconstruction. Mais si elles sont fragilisées, elles deviennent la priorité.

La bouche fonctionne comme beaucoup de choses dans notre vie : nous avons besoin d’une base sûre

Dans notre vie, nous avons besoin d’une forme de sécurité avant de pouvoir construire davantage. Nous cherchons d’abord un toit, une stabilité, des fondations. Puis nous pouvons nous projeter, créer, nous développer. Pour votre bouche, j’aime utiliser la même image. À la base se trouve la santé du terrain parodontal. Puis viennent :

  • la stabilité des dents
  • la capacité à mâcher
  • le confort
  • la reconstruction des dents abîmées
  • et enfin l’harmonie et la beauté du sourire

Vouloir poser une belle restauration sur un parodonte qui continue à se détruire reviendrait à rénover une maison dont les fondations ne sont pas encore stabilisées.

« Mais je voulais simplement avoir un plus beau sourire »

C’est très fréquent. Vous venez peut-être pour :

  • avoir des dents plus blanches
  • réaligner vos dents
  • changer d’anciennes couronnes
  • réparer des dents usées
  • poser des facettes
  • remplacer des dents absentes
  • ou réaliser une réhabilitation complète du sourire

Et lors du bilan, je découvre que les gencives saignent, que des poches parodontales sont présentes ou que l’os qui soutient certaines dents a diminué.

À ce moment-là, mon rôle est de vous expliquer : « Avant de reconstruire le sourire, nous allons d’abord sécuriser ce qui doit le porter. »

Ce n’est pas retarder votre projet. C’est au contraire lui donner de meilleures fondations.

Pourquoi ne voyez-vous parfois le déchaussement qu’après le traitement ?

C’est un point essentiel à comprendre. Lorsque la gencive est malade, elle peut être gonflée par l’inflammation. Après le traitement parodontal, nous éliminons le biofilm bactérien et le tartre accessibles, nous contrôlons l’inflammation et nous permettons aux tissus de cicatriser. La gencive devient alors plus saine. Elle dégonfle. Elle se raffermit. Elle se repositionne plus près des tissus réellement présents. Et parfois, vous découvrez à ce moment-là :

des dents qui paraissent plus longues ; des espaces ou des “triangles noirs” entre les dents.

Cela peut être déstabilisant. Vous pourriez penser :

« Avant le traitement, mes dents n’étaient pas aussi longues. Est-ce le traitement qui a créé le problème ? »

Non. Le traitement n’a pas créé la perte osseuse. Il a fait disparaître une partie de l’œdème inflammatoire qui la masquait. Il révèle en quelque sorte l’architecture réelle laissée par la maladie.

Une gencive qui se rétracte après le traitement peut donc être le signe d’une amélioration

C’est paradoxal, mais oui et c’est important de comprendre :

  • Avant le traitement : la gencive est gonflée
  • elle saigne
  • la poche est profonde
  • l’inflammation est active

Après le traitement : elle devient plus rose ; plus ferme ; saigne beaucoup moins ; la profondeur des poches diminue ; esthétiquement, vous pouvez avoir l’impression d’avoir « perdu de la gencive ». Biologiquement, nous avons surtout obtenu un tissu moins inflammatoire et plus stable.

C’est cette différence que je veux vous expliquer avant le traitement afin que vous sachiez ce que nous cherchons réellement à obtenir.

Le diagnostic se fait sous la gencive, pas uniquement dans le miroir.

Et si je n’ai aucune douleur ?

C’est précisément le problème. Une parodontite chronique peut évoluer pendant des années sans provoquer de véritable douleur. Vous continuez à manger. Vous continuez à sourire. Vous ne ressentez presque rien. La maladie cependant continue à détruire progressivement les tissus de soutien.

Puis apparaissent plus tard :

  • des espaces entre les dents
  • des déplacements dentaires
  • des dents qui commencent à bouger
  • une modification de la mastication

La mobilité est donc souvent un signe beaucoup plus tardif que l’inflammation ou les poches parodontales.

Pourquoi faut-il agir avant que les dents ne bougent ?

Parce que notre objectif est justement de ne pas arriver à cette étape.

Plus nous diagnostiquons et stabilisons tôt la maladie, plus nous avons de tissus à préserver. L’os déjà perdu ne revient pas , même si l’inflammation est traitée.

Et maintenant ?

Découvrez comment nous pouvons vous accompagner : s.tabiliser les fondations lorsque les dents se déchaussent

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