Mastication difficile : quand manger devient un effort au lieu d’un plaisir

Une mastication devenue difficile peut avoir différentes origines : dents absentes, dents douloureuses ou fragilisées, prothèse instable, usure importante ou modification de l’occlusion.
Homme souffrant d’une douleur dentaire

Pourquoi ai-je de plus en plus de mal à mâcher ?

Manger devrait être un geste naturel : Couper. Couper. Broyer. Mélanger les aliments à la salive. Avaler. Et surtout, prendre plaisir à un repas sans avoir à réfléchir à chacune de ces étapes.

Si la mastication devient compliquée, si vous commencez à couper les aliments plus petits, si vous évitez le pain trop croustillant, les crudités, certains fruits comme les noix, les pommes, ou les aliments plus fibreux.

Vous mâchez toujours du même côté. Vous enlevez votre appareil pour manger. Vous choisissez au restaurant ce que vos dents vous permettent de manger plutôt que ce dont vous avez réellement envie. Et peu à peu, cette adaptation devient votre nouvelle normalité.

« Je mange encore… pourtant, je ne mange plus comme avant »

C’est une distinction importante, car si vous pouvez avaler des aliments cela ne signifie pas forcément bien mastiquer.

Une mastication efficace nécessite des dents antérieures capables de saisir et de couper les aliments, puis des dents postérieures qui offrent suffisamment de surfaces et d’appuis pour les broyer.

Lorsque plusieurs éléments de cette chaîne disparaissent, vous compensez, et votre corps, lui, est extraordinairement doué pour compenser.

Parfois tellement bien que vous ne vous rendez même pas compte de ce que vous avez perdu.

Une dent douloureuse peut suffire à désorganiser toute la mastication car une dent qui fait mal quand vous mordez devient rapidement une dent que vous n’utilisez plus.

Vous commencez alors à mâcher exclusivement de l’autre côté.

La cause peut être une carie profonde, une fêlure, une infection, une ancienne restauration défaillante ou un problème parodontal.

La solution n’est donc pas d’apprendre à vivre avec.

Il faut comprendre ce qui est douloureux: une dent? la soigner et lui redonner une forme solide et fonctionnelle. Une dent usée? la soigner et lui redonner une forme solide et fonctionnelle. Car les dents sont de véritables outils. Leurs reliefs, leurs cuspides et leurs formes ne sont pas là par hasard. Elles participent à la préhension, au découpage et au broyage des aliments.

Lorsque les dents sont très usées, érodées, qu’elles deviennent plus courtes, plus plates, que les surfaces de mastication perdent leur anatomie, des sensibilités apparaissent, et toute l’organisation de la bouche est modifiée.

Il ne s’agit alors plus simplement de « réparer une dent », Il faut reconstituer les volumes dentaires perdus, recréer des surfaces masticatoires et retrouver des contacts fonctionnels.

Il me manque des dents : pourquoi est-ce si important ?

Une dent postérieure absente n’est pas visible lorsque vous souriez mais elle est partie de votre force de mastication. C’est pourquoi, lorsque plusieurs molaires ou prémolaires manquent, la surface disponible pour broyer les aliments diminue et vous reportez les forces sur les dents restantes.

Ce n’est donc pas seulement une question esthétique : une dent manquante crée une fonction manquante.

Et les dents de devant ? et bien, elles participent pleinement à la fonction.

Les incisives permettent de saisir les aliments. Mordre dans une pomme, dans un morceau de pain ou dans certains aliments devient difficile lorsque les dents antérieures sont absentes, douloureuses, très usées ou fragilisées.

C’est pourquoi, dans une réhabilitation globale, fonction et sourire ne sont jamais séparés.

Reconstituer correctement les dents antérieures permet de retrouver une esthétique harmonieuse et une fonction d’incision adaptée.

Mon dentier m’empêche de manger normalement

Une prothèse amovible complète ou partielle peut rendre de très grands services, mais elle possède des limites mécaniques.

Lorsqu’elle bouge, bascule, blesse ou manque de stabilité, vous apprenez rapidement à éviter les aliments qui la mettent en difficulté.

Les aliments très fermes, collants ou fibreux deviennent compliqués. Vous mastiquez avec moins de force. Vous avez peur que la prothèse se soulève devant les autres.

Et le repas, qui devrait être un moment de plaisir et de convivialité, devient un exercice de prudence.

Un appareil complet peut-il modifier le goût des aliments ?

Oui, certaines personnes le ressentent.

Une prothèse complète supérieure recouvre une grande partie du palais. Les recherches montrent que les prothèses complètes modifient la perception du goût et il ne s’agit pas simplement des papilles gustatives mais du plaisir alimentaire qui naît de la température, de la texture, des arômes, de la salive et de toutes les informations sensorielles recueillies dans la bouche.

Une plaque palatine donne l’impression que les aliments ont moins de relief et toutes les sensations sont différentes.

Ce changement mérite d’être entendu : « Depuis que j’ai cet appareil, je ne mange plus avec le même plaisir. »

La digestion commence-t-elle réellement dans la bouche ?

Oui.

La bouche est la première étape de la digestion. La mastication fragmente mécaniquement les aliments. La salive les humidifie, les rassemble en un bol alimentaire et facilite leur déglutition. L’amylase salivaire dégrade l’amidon. Une mastication efficace participe donc à une préparation correcte des aliments avant leur arrivée dans le tube digestif.

Il serait en revanche excessif de prétendre qu’une mauvaise mastication entraîne automatiquement une mauvaise absorption intestinale.

Ce que nous savons par contre, c’est que lorsqu’une personne ne peut plus correctement mâcher, elle modifie souvent ses choix alimentaires.

Quand la bouche décide de notre alimentation

C’est probablement l’une des conséquences les plus importantes.

Si vous ne pouvez plus croquer ou broyer confortablement, vous pouvez progressivement choisir :

des aliments plus mous ; plus transformés ; plus faciles à avaler ; et moins de fruits, de légumes crus ou d’aliments riches en fibres et nécessitant davantage de mastication.

Chez les personnes âgées en particulier, une faible fonction masticatoire est associée dans les études à des indicateurs défavorables de santé et de vieillissement. Une diminution de la fonction masticatoire crée un déclin cognitif, voire une mortalité prématurée chez les personnes âgées.

La mastication fait donc partie d’un ensemble beaucoup plus vaste :

bien manger, rester autonome, conserver du plaisir et participer à la vie sociale.

Le repas est aussi un acte social

Une mastication difficile a une dimension émotionnelle. On refuse certains restaurants.

On ne veut pas que les autres voient que l’on a un appareil. On évite de croquer. On mange plus lentement. On peut même refuser certaines invitations parce que l’on ne sait pas ce qui sera servi. Quand manger devient compliqué, la bouche réduit notre liberté.

Et c’est justement cette liberté que je souhaite essayer de restaurer.

Et maintenant ?

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Avec les années, le sourire évolue naturellement. Les dents peuvent s’user, changer de teinte ou de position, les gencives se modifier et les lèvres évoluer.
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